16.4.07

Des nouvelles (noch)

Hallo Alle,

Bon, allez je me colle aussi aux nouvelles.
Depuis trois mois, je vis à Paris. Als récptionniste. C'est rigolo. C'est mieux que Poitiers, c'est mieux. Les cafés, c'est mieux, les films (en VO), c'est mieux, les nanas (sont) mieux, l'ambiance générale, c'est mieux.
Les gens m'exaspèrent (il faut comprendre: "mais que veut-il dire?"). J'ai toujours le sentiment qu'ils attendent quelque chose de moi ; ça me saoule. Ou plutôt, c'est moi qui attend quelque chose. Mais bon, en dehors de ça, je les aime bien. Seulement, ils n'auront pas ma liberté de pas me laisser faire: ce qu'on ne comparera pas à une liberté d'un point de vue philosophique, même si l'idée de choix est présente. En gros, je ne veux pas avoir le sentiment qu'ils ont prise sur moi, sur mes goûts et sur mes désirs. même si je sens que je les apprécie, je préfère garder mes distances. Sinon, ils se croient tout permis. Je comparerais ça au système psychologique que se créent certains ados (en manque de conneries) en quelque sorte. Première fois, il y a l'appat du gain, il vole. Deuxième fois, l'intérêt est moins grand mais il vole encore -même s'il se dit que c'est mal. Enfin, il recommence, et il s'arrête plus jusqu'à la prise de conscience (non, en fait, cette théorie est un peu vaseuse). Enfin, ça ça me fait un peu peur.
Je veux inviter des gens, mais souci, je suis bloqué dans un appart grand comme les toilettes chez mes parents (enfin quasiment). Rappelons que ça coûte 471 euros par moi ("A la gare Saint-Lazare, c'est cher et ça fait mal" comme disait Brel, merci). Je veux pas sortir (enfin pour boire un verre). Je vais au resto avec Samantha et Fabien, ça c'est cool mais je les connaissais avant Paris. Sinon, je vais au café juste pour boire un thé et écrire.
D'ailleurs, à ce propos, je suis content (mais je m'en veux toujours parce que c'est insuffisant): deux poèmes par-ci, un acte par-là, ça roule pas assez vite donc, je manque de pratique.
Ici, les gens sont comme ailleurs, ils disent pas bonjour, veulent pas parler si on les mets pas à l'aise. C'est pas mon point fort, enfin ça dépend avec qui. En tout cas, j'essaie de papoter mais rien n'y fait, il faut retourner puis retourner puis retourner encore leur parler. Je doute mais sur la longueur, je pense pouvoir me faire quelques amis. Et des gens bien, s'il vous plaît.
De mon côté, je prends les gens pour à moitié-fou, avec pleins de préjugés sur tout et n'importe quoi (musique, tenue vestimentaire... enfin les goûts). Va falloir que j'apprenne à assumer les miens.
Ici, c'est comme ailleurs. Les gens n'entendent rien à la poésie sauf quand ça chante. Ils ne croient pas en Dieu, sauf quand ils sont au lit avec leur meuf, ils font chier les autres par envie, parce qu'ils se supportent pas (ça fatigue les autres mais c'est pas volontaire) ou par véritable dédain (c'est les pires quoi qu'on en dise). Et ils sont communautaristes -ceci dit, ailleurs aussi on l'est; c'est à la mode, voire ça l'a toujours été-. Ils sont aussi de droite -comme les autres Français en ce moment-. Et vas-y que les jeunes qui cassent, faut les mettre en taule, que les putes ont choisi de l'être (et qu'il faut pas se gêner quand on est en manque), que les PD sont pas normaux (combien le pensent...!), que les arabes sont des voleurs, que les juifs sont tous riches (et qu'ils en profitent pour tout garder pour eux ; de là à dire qu'ils ont le pouvoir, il n'y a qu'un pas...) que la police est toute pourrie (quand on fait un commerce qui marche dans cette ville, forcément qu'on en voit).
Malgré tout, ils me font rire aussi (enfin, au boulot surtout). Les petites filles du foyer sont bien mignonnes mais on n'est pas sur la même longueur d'ondes (quoique je me demande si je peux trouver une fréquence commune avec qui que ce soit...). Tant pis, voire même, tant mieux. Au moins, je me prends pas le chou. ça viendra avec le temps.

Voilà pour les nouvelles.

A bientôt tout le monde,

Spiegel

PS: Paris est vraiment une ville très charmante. Les petits commerces et tout le quartier... Et puis ce mix de personnes. En plus, les gens ne te regardent pas de travers parce que tu leur paraîts comme ci ou comme ça. Ou plutôt, l'un te regarde de travers, puis tu parles à un autre, et enfin une jolie fille te regarde (ou se laisse regarder) avec intérêt... ça rattrape, c'est plaisant. Ciao, ciao

3 commentaires:

Anonyme a dit…

tiens, je commençais à me demander si ton blog était en hibernation...

moi je crois qu'il y a des gens sur la même longueur d'onde que toi. Mais il faut les trouver...

ton texte décousu m'amuse et m'intéresse. Surtout cette partie où tu dis que tu prends les gens pour fous, pétris qu'ils sont dans leurs préjugés, et cette intolérance qu'ils s'emploient à cacher...

Spiegel a dit…

Ah, ben tu vois, je me demandais ce que t'en penserais. Tant mieux... Mais ce dont j'ai pas parlé, c'est de la peur. ça, ils ont peur et c'est surtout ça qu'ils s'emploient à cacher (et pas tellement leur intolérence qui, au fond, ne découle que de cette peur). ça leur fait faire n'importe quoi.
Ex: ils ont peur de l'homosexualité, voient ça comme une maladie. Ils m'emmerdent avec ça parce que si tu dis que t'as pas couché depuis perpet, ils se demandent tous si t'es homo et si tu vas pas leur sauter dessus. Ou alors, ils se disent que t'es pas normal (ça aussi, ça leur fait peur). Pour eux, t'as un vrai problème, grave. C'est vraiment trop con.

Anonyme a dit…

Ouais... J'ai cru qu'avec la mondialisation, Internet, tout ça, on allait avoir des sociétés plus ouvertes et tolérantes. C'est vrai avec certaines personnes, mais le mouvement général, c'est que cette possibilité d'ouverture immense fait peur; alors les sociétés se renferment sur elles-mêmes, sur leurs putain d'identités et leurs vieilles valeurs psychorigides. Triste paradoxe...